Les 100 (premiers) jours allongés dans Paris
Par ribor@laposte.net
(Je me dois de préciser que j'ai récemment passé le cap de la cinquantaine et que je ne suis pas un "cyclosportif").
Il y a quelques mois, de douloureux problèmes de poignets m'ont amené à chercher causes et remèdes sur internet, et là, de lien en lien ( tous relatifs au syndrome du canal carpien), j'ai fini par me retrouver sur le site vélo-couché...
Quelques clics plus tard, je découvrais avec plaisir l'existence d'une nouvelle génération de vélo-couchés "civilisés", et la décision d'en tester, puis de l'adopter, ne se heurtait plus qu'à un problème principal: l'importance de l'investissement (surtout en cas de "rejet" de ce véhicule, quel qu'en soit la raison)...
Peu de temps après - et non sans de multiples nouvelles visites au site précité et aux liens vers lesquels il renvoyait - c'est armé d'un copieux bagage purement théorique que je me décidais à me rendre chez l'un des rares vélocistes proposant ces engins en région parisienne (ceci afin de pouvoir, le cas échéant, négocier une reprise de l'engin (posée en condition préalable à l'achat) avec un vendeur physiquement présent plutôt qu'à travers un échange incertain d'Email).
C'est dans cet état d'esprit que je me rendis donc en mars chez RandoCycle, concessionnaire VeloTechnik (et presque voisin), en ayant en tête un Wavey. Le choix du modèle était construit autour de 3 raisons:
| prix abordable (un peu moins de 1000€ au catalogue), | |
| suffisamment haut pour être visible et éviter qu'un camion me double par "au-dessus"... | |
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apparemment une possibilité d'incliner le siège et d'éviter le coté "vélo-fauteuil" de certains modèles. Le hasard faisant bien les choses, le modèle d'expo était en vente, et c'est donc en faisant une économie (!!! par rapport à mes prévisions) - et avec une garantie de reprise au cas où... - que je me rendis sur-le-champ acquéreur d'un Wavey tout équipé (y compris d'un vaste top-case). |
L'essai - que je m'étais promis de m'imposer préalablement - s'était résumé à 2'35"sur le trottoir (1): juste de quoi vérifier que j'arriverais - probablement - à piloter la chose...
Le lendemain soir, j'allais prendre possession de la bête. Mon programme était de traverser le Bois de Vincennes (à 300 m de chez RandoCycle) en expérimentant l'engin au calme, en position assise, sur les pistes cyclables et de finir le dernier kilomètre à pied jusqu'à mon domicile (forte montée en environnement urbain), puis d'attendre pour continuer à m'entrainer (au Bois de Vincennes) un ou deux (ou trois ou quatre) week-end afin de me sentir suffisamment maître de mon véhicule pour pouvoir tenter d'affronter la jungle de la circulation parisienne jusqu'à mon lieu de travail...
En fait, à peine arrivé dans le Bois (et malgré quelques demi frayeur) je commençais rapidement à tester le Wavey sur les petits chemins ainsi que dans les sous-bois. Au bout d'une demi-heure, je m'arrêtais pour allonger un peu plus le siège... Quant à la partie que j'avais prévue pédestre de mon trajet, elle fut l'occasion de constater que je montais aussi mal les côtes en Wavey qu'avec mon vélo classique... Et le lendemain, mon Wavey découvrait pour la première fois ce qui est depuis lors son parcours presque quotidien de Fontenay sous Bois (limite le Perreux) à Paris 15°... soit 16 à 20km suivant l'itinéraire choisi, variant suivant l'humeur du jour.
Le week-end fut l'occasion de le faire tester à ma compagne (il ne lui fallut moins de 5 minutes réelles pour évoluer, cfr les 2 vidéos jointes).
Une dernière précision, après une centaine de jours d'utilisation: si mon temps de trajet a été légèrement allongé les premiers jours, il s'est rapidement (environ 2/3 semaines) stabilisé à l'identique de mon temps de trajet en vélo "classique"... ce qui signifie que je vais donc légèrement plus vite qu'avec un vélo classique puisque je perds plus de temps dans les embouteillages où je me faufile plus difficilement, et ne peux "sauter" sur le trottoir pour dépasser un bouchon... (1° temps: 1H15/1H30; temps actuel (ou en vélo classique): 1h/1h15; Temps moyen de "blocage-bouchon": 10mn).
Quelques éléments de bilan de cette expérience sur le Wavey:
L'absence de suspension me permet de confirmer que je ne peux plus jouer des jambes pour amortir les chocs, mais les quelques trous et zones pavées de mon trajet sont aisément supportables.
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Il est un peu lourd, mais cela ne me semble pas trop gênant (en fait, il pèse plus que mon ancien VTC, mais moins que mon vélo de ville Decathlon...)
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Il est un peu haut pour moi qui ne mesure qu'1m70 (2), ce qui implique de ne reposer à l'arrêt que sur un pied - et/ou de se sortir de la selle); cela ne joue pas en matière de sécurité, mais uniquement sur le confort à l'arrêt (il me faut me redresser à chaque feu rouge).
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La hauteur (relative à ma taille) du cadre, associée à la largeur de l'assise, ne facilite pas le "faufilement sur la pointe des pieds" dans les embouteillages..
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Un repose tête semble nécessaire (je vais en adapter un). En position allongée, j'éprouve une gêne musculaire au bout d'environ 45 minutes de trajet durant lesquelles ma nuque travaille afin de me permettre d'avoir un champ de vision "sécuritaire" en environnement urbain.
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Le top-case (rigide et fermant à clé) sur lequel j'étais sceptique est finalement extrêmement pratique; je peux y laisser en permanence vêtements de pluie et trousse à outil+pompe)..; par contre, il m'a contraint à remonter légèrement le siège afin de le laisser rapidement/facilement accessible (bien que le siège se règle d'un tour d'excentrique en quelques secondes)
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L'Air-zound est indispensable en ville... (pas seulement en VC:-( !) En bref, si je regrette parfois de ne pas avoir un Lynx, Mistral ou autre modèle plus sophistiqué, éventuellement plus léger et confortable... le regret ne dure que jusqu'à la lecture de la page Tarif des importateurs: pour un usage quotidien, l'investissement (égal au prix d'un bon vélo de type Hollandais) est plus qu'amplement suffisant et la satisfaction dépasse toutes mes attentes!
La ville en VC, souvenirs vécus: |
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Inévitables: les regards, parfois assortis de plaisanteries (souvent amicales): difficile de rouler incognito...
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Convivialité: taux de "conversations" engagées au feu rouge: 1 feu sur 3.
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Perte de temps (c'est fou le nombre de gens qui vous demandent "où, quand, comment, et la vie dans tout ça, etc..." en particulier le jour où vous êtes pressé).
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Question répétitive ("vous l'avez acheté comme ça?"). Répondre: "Non, on me l'a livré en kit mais sans le mode d'emploi".
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Rare: "C'est même pas homologué..." généralement proféré par celle ou celui qui vient de tenter de vous renverser et que vous rattrapez au feu rouge suivant.
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Peu fréquent: un policier vous arrête, et tous ses collègues sortent du car et le rejoignent pour vous soumettre à un feu roulant de questions ...sur les avantages et inconvénients de votre VC. Certains précisent avoir été prévenus de votre passage par un collègue placé quelques carrefours auparavant...! Remarque: un respect scrupuleux (pour ne pas dire maniaque) du Code de la Route est d'autant plus indispensable que l'on est difficilement anonyme... (même dans les aspects que la FUB considère à juste titre comme absurdes pour les vélos en ville)
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Vitesse: il semble que je démarre plus vite qu'en vélo droit (on est moins tenté de se passer des possibilités d'un dérailleur!), mais je prends ensuite ma vitesse de croisière (sans doute légèrement plus élevée) plus lentement. (remarque déduite de ma "position" par rapport aux pelotons d'autres cyclistes droits urbains, et en référence à celle que j'occupais en utilisant mon vélo droit).
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"Ma" côte: je la montais difficilement en vélo droit (côte de la mairie de Fontenay sous Bois pour celles et ceux qui connaissent); c'est (peut-être) très légèrement pire en VC (déduit des rares autres cyclistes de ce tronçon) mais en tout cas sans être plus fatigant!
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Taxis et bus dans les couloirs cyclistes "partagés": ils mettent souvent très très très longtemps à vous dépasser... et en oublient de regarder devant eux.
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Autres cyclistes (mâles): regard souvent condescendant avant de se faufiler pour se mettre devant vous au feu rouge... le regard évolue vers la perplexité après un "bief" entre 2 feus d'une distance supérieure à 200 mètres... Si ils y arrivent avant que le feu ne soit passé au vert et que vous ne soyez reparti sans les attendre, prévoir une réponse à leur question:"où ça se trouve? combien ça coûte?...".
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Autres cyclistes (jeunes coqs): ils ne vous ont pas vu; ils ne regardent que les feux arrière du scooter qu'ils tentent de rattraper sans s'arrêter aux feux rouges. N'oubliez pas de vous pousser (voire vous arrêter) dès que vous en voyez un surgir dans le rétro: rien ne les arrête...
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| Autres cyclistes (femmes): vous interrogent pour savoir si "c'est bon pour les abdominaux?". | |
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Autres cyclistes (jolies femmes): inutiles de rêver... C'est le cycle, pas le cycliste, qui les intéresse... et elles n'essaieront pas avec vous le siège-couchette de votre vélo.
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Dangereux: la place de la Bastille... mais finalement pas plus qu'en vélo droit!
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Ennuyeux: les camions de livraisons (ou autres véhicules garés) qui bloquent quasi-totalement une rue... En attendant de réussir à vous faufiler, vous verrez passer sur le trottoir les cyclistes entr'aperçus précédemment...
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Visibilité: je disposais d'un fanion fixé sur les montants du siège... je l'ai finalement enlevé: en inclinant le siège, le fanion était à peine plus haut que ma tête mais dépassait l'arrière du vélo. (j'ai par contre multiplié le nombre de réflecteurs et installé à l'arrière une signalisation lumineuse clignotante pour les "nocturnes" en hiver et en début de printemps).
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Avantages divers: plus de risque de se voir voler sa selle merveilleusement rembourrée... (et inutilité d'en posséder une), possibilité de continuer de pédaler avec des hémorroïdes (à tester... mais sans urgence!), plus de mal aux dos et de douleurs aux poignets, plus d'équipement vestimentaire spécifique ( mais c'est aussi vrai avec un vélo de ville), moins de fatigue (apparemment).
(1) Je précise que la brièveté de cette 1° prise de contact a été de ma seule responsabilité: il m'a en effet été proposé par le responsable du magasin d'emprunter le vélo quelques heures si je le souhaitais... Ce sont mon planning serré de ce jour là et ma crainte de laisser filer ce modèle d'expo qui m'ont transformé en acheteur impulsif! (2) Ma compagne, qui mesure 1m63, a le même sentiment et n'éprouve pas de gêne supplémentaire à l'utilisation. Sans doute quelqu'un(e) de moins d'1m60 serait-il (elle) par contre véritablement gêné(e)..? Ribor |
vidéo:
http://perso.wanadoo.fr/richard.borenstein/velo/velo1.avi
http://perso.wanadoo.fr/richard.borenstein/velo/velo2.aviNB:il s'est passé moins de 5 minutes entre le 1° avi - ses premières secondes où elle n'arrive pas à démarrer - et le second, où "tout roule"...).