Les randonneurs lourds!
Vous avez dit "lourd"...
Le poids est le principal ennemi du vélo couché... il est toujours un véritable frein au développement de ce sport. Le second serait le prix de ces machines à 2000€ qui pèsent plus qu'un vulgaire VTT à 149€ chez Decathlon...
Si en 1934, les vélos droits ou vélos couchés avaient relativement le même poids, ce n'était plus le cas dans les années 70 à 2000! Le vélo couché dit "racer" pesait 13 à 15 kg... La randonneuse de 16 à 22 kg ou plus...
Encore actuellement, la majorité des vélos annoncés à 14, 15, 16 kg selon leur configuration pèseront en réalité quelques kilogrammes en plus quand vous monterez dessus. On vous trouvera beaucoup d'explications, n'ayez crainte sur ce sujet.
Il est vrai aussi que l'on attend beaucoup d'un vélo couché... on l'aime confortable et fonctionnel à souhait. On le transforme vite en petite mule et puis on s'étonne du poids à pousser. Mais si c'est librement consenti qu'on le fait... le mal est supportable.
Néanmoins, certaines marques ont consenti à faire de véritables efforts pour améliorer leur gamme. Dans un domaine où il y a tant à améliorer, innover est une nécessité commerciale.
Au fil du temps, j'ai relevé plusieurs politiques d'innovation:
- la première consiste à renouveler sa gamme régulièrement en créant et en abandonnant peu à peu les anciens modèles.
- la seconde est de créer de nouveaux modèles souvent "pour la vitrine" mais en conservant et en écoulant prioritaitrement l'ancienne gamme nettement trop lourde et démodée.
- la troisième est de créer des pièces parfois inutiles et dont le prix est inaccessible... l'objectif? faire écran.
- la quatrième est d'oser changer de matériaux, de concepts, d'adapter du matériel existant au vélo couché...Innover, c'est investir et risquer.
Lourd, c'est vraiment lourd... et pour moi maintenant, (soyons gentil) c'est tous les vélos qui dépassent les 14 kg sans les pédales, le porte-bagages, les gadgets... il faut vous attendre à pousser minimum 16 à 18 kg au final... càd minimum 2 vélos de course ou un VTT bas de gamme...
Léger, pour moi, c'est ce qui ne pèse pas 10 Kg!... ce qui reste exceptionnel contrairement aux publicités des constructeurs! Rouler avec ce type de vélo couché (qui pèse au final 11 à 12 kg selon les gadgets) n'est pas seulement agréable mais performant...
Maintenant, le poids n'est pas le seul problème que j'ai relevé. Une bonne transmission est aussi fondamentale. Tubes et roulettes "style Flevobike" sont aussi des freins... et lorsque la chaine s'encrasse, cela devient parfois pénible.Exemples: mon Longo pèse 19,9 kg avec son équipement complet (garde-boue, porte-paquets voyage, poignées suplémentaire, AirZound, etc...), c'est une randonneuse de voyage; le Taifun pèse 15,5 kg (garde-boue et quelques bricoles), c'est un SLR équipé route; le SeiranSL 10,5Kg (soit 1,1 kg de plus qu'à l'achat et il n'y a rien dessus? que des pédales, une mousse, une sonnette, un porte-bidon, des pneus nettement plus lourds que les Continental 3000, un porte gps de moto, un petit sac avec la trousse de secours...
Lourds ou légers, roulons...
Tout réside dans les objectifs que l'on se fixe comme en témoigne ce mail reçu d'un nouvel adepte qui ne connaissait rien au vélo couché :
Son objectif est de rester compétitif dans les cyclosportives...
Dimanche matin (16 juillet 2006), j'ai osé me joindre aux copains en vd qui sont de bons cyclosportifs !
Au départ, ils n'ont pas arrêté de critiquer mon vélo : « Avec une chaîne aussi longue et croisée, c'est bon pour couper le saucisson ! » ou encore « Comment vas-tu faire dans les côtes ? » Bien entendu pour me chambrer un peu plus et avec la ferme intention de me semer rapidement, ils ont choisi un circuit long et difficile d’environ 130 km. Pour être franc, avec si peu de pratique sur ma nouvelle machine bleue, cela m’inquiétait…
Km 80 : j’étais toujours là !… et même dans les longues bosses, je les suivais sans problème, et cela, au plus grand étonnement des copains… Très surpris, ils décident de ne pas m'attendre au ravitaillement en eau… mais, pas de chance pour ces roublards, je réussis à les rattraper en roulant à 36km/h avec assez de facilité.
Arrivé à leur niveau, je constate qu’ils ont l'air assez fatigués de leur fuite en avant et ils m’avouent : « C'est quand même efficace ton truc. » C’est alors que je décide de continuer sur ma lancée mais ils n’en peuvent plus… un seul d'entre eux, un jeune bon coursier, me suit et prend les relais toujours entre 36 et 37 km/h. A 10km du but, mon compagnon avoue être trop fatigué pour prendre encore les relais…
Certes, à l’arrivée, j’étais aussi fatigué mais bien moins que sur mon vélo traditionnel ; le SeiranSL est vraiment un super vélo. J'aurais aimé découvrir un tel vélo dix ans plus tôt.
J-L P
Dernière modification le 21-déc-06

