Charles Mochet, l’inventeur du vélo-couché.
Charles Mochet est d’abord le constructeur d’un VPH à quatre roues qu’il baptisa « le Vélocar ». Cet engin rencontra du succès fin des années 20 mais il était dangereux pour les autres usagers de la route car peu maniable dans les virages. Le « Velocar » participa à quelques courses.

Début des années 30, Charles Mochet eut l’idée « géniale » de diviser le « Vélocar » en deux. C’est ainsi qu’est né son vélo-couché.

Techniquement, on sait que
Les deux roues avaient un diamètre de 50 centimètres. Inutile de mettre des grandes roues puisque le pédalier ne risque pas de toucher le sol. De plus, un centre de gravité bas permet une meilleure stabilité. (cfr : les avantages du vélo-couché)L’empattement du vélo-couché de Mochet était de 146 centimètres. (Ce qui donne une très bonne stabilité) Le pédalier était de 12 cm en surélévation du siège. (Ce qui donne plus de puissance)Le pédalier et le siège étaient (en partie) réglables à la taille du pilote ou en fonction de l’utilisation voulue du vélo-couché.

Dans sa longue recherche, Charles Mochet s’est appliqué à construire un vélo plus rapide que le vélo traditionnel. Mais il voulait aussi prouver que le vélo-couché était l’idéal pour le tourisme (confort même avec bagages) et l’usage journalier. L’ingénieur autodidacte français construisit plusieurs modèles. Il appliquait avec génie des principes de physique.
C’est le cycliste professionnel Henri Lemoine qui essaya en premier le vélo-couché encore baptisé « Vélocar ». Il fut étonné par le confort et la maniabilité de l’engin mais il refusa de l’employer dans les concours… Il avait peur d’être ridicule.

Suite à ce refus, Charles Mochet appela un coureur de deuxième catégorie Francis Faure, frère du célèbre coureur Benoît Faure pour tester son engin. Il fut ainsi le premier coureur a montré de l’intérêt aux recherches de Mochet. Il s’entraîna un peu et décida de monter sur la piste…
Quand il se présenta avec son vélo-couché, les autres coureurs rigolèrent. « Faure, vous êtes déjà fatigué ?… et autres quolibets… » Ce que tous les bentrideurs entendent encore en 2002… Mais ces moqueurs cessèrent de rire lorsque Francis Faure prit la tête de la course. Nos « rigolos » ne savaient même pas revenir dans son sillage.
Tirant profit de la supériorité aérodynamique indéniable de son vélo-couché, Faure battit ainsi de nombreux cyclistes de première classe en France puis en Europe. En un an, Faure était devenu pratiquement imbattable dans les courses jusque 5km sur vélodrome.
Le « Velocar » arrive sur la route en 1933. Et c’est de suite un succès. Paul Morand remporte même Paris-Limoges sur un vélo-couché de Mochet.
Faure établit de nombreux records du monde sur piste et le « Georges Mochet » de route remporte un vif succès. Cette situation favorable incite ces promoteurs Charles et son fils Georges a envisagé de battre le record de l’heure.
Charles Mochet questionna en octobre 1932 l’Union Cyclisme International pour obtenir l’homologation de son vélo-couché. Il voulait être sûr que le record serait reconnu. Il reçut une réponse positive à sa demande : « le Velocar n’a aucun composant aérodynamique ajouté… ».
En 1907, le record absolu de l’heure était porté à 41,520Km par le français Marcel Berthet.
En 1914, ce record passe à 44,247Km par le suisse Oscar et son vélo caréné appelé l’œuf d’Oscar.
Ce record restera inchangé jusqu’en 1933.
Pourtant, le vélo d’Oscar fut copié par de nombreux constructeurs. Des carénages furent imaginés pour envelopper les vélos ordinaires. Cette course technologique devenait dangereuse et elle fut interrompue par l’UCI en 1914.

Le 7 juillet 1933, Francis Faure porte le record de l’heure à 45,055Km au vélodrome de Paris. Les médias relaient l’événement et les problèmes commencent. Est-ce bien un vélo ? C’est une petite révolution… et puis le chaos.
En août, Maurice Richard porte le record à 44,077Km sur un vélo droit.

Voir aussi : "L'hommage à Charles Mochet"
Dernière mise à jour le 09-Aoû-2006